Les phases d’un MTT

Les phases d’un MTT

Early game, mid game, bulle (ITM, ICM), deep run, table finale et heads-up — chaque phase a ses propres enjeux et demande un style de jeu différent. Comment adapter son jeu à chaque moment.

Leçon 1.7 – Les phases d'un MTT

Un tournoi de poker, c'est une aventure en plusieurs actes. Le voyage n'est pas linéaire — il suit un rythme, une respiration, des phases bien distinctes. Ce qui fonctionne en début de tournoi peut être catastrophique à la bulle. Ce qui est trop prudent en mid game devient une erreur stratégique. Comprendre ces phases, c'est apprendre à jouer au bon tempo, avec le bon objectif à chaque moment.


1. Le début du tournoi (Early Game)

Les tapis sont profonds — souvent 80 à 150 big blinds. Les erreurs coûtent encore relativement peu, car il reste beaucoup de marge. Mais les mauvaises habitudes peuvent déjà t'handicaper pour la suite.

Ton objectif ici n'est pas de doubler rapidement : c'est d'observer, de construire une image solide, et d'éviter les gros pièges. Tu peux jouer des mains à potentiel — petits As assortis (A♣ 5♣ par exemple), connecteurs suités (deux cartes consécutives de même couleur comme 7♠ 8♠), petites paires — mais uniquement en bonne position et à bon prix. Ces mains cherchent à toucher des combinaisons fortes au flop (un set, une couleur, une quinte) pour gagner un gros pot. Si elles ratent, tu peux les abandonner sans dommage.

Conseil coach : ne t'attache pas émotionnellement à chaque pot en early game. Le but n'est pas d'être premier maintenant, mais encore assis dans deux heures.


2. Le milieu de tournoi (Mid Game)

Les blinds montent, les tapis s'équilibrent autour de 20 à 50 big blinds pour beaucoup de joueurs, et la tension monte. Tu passes d'un jeu d'observation à un jeu d'action sélective.

C'est ici que tu dois commencer à prendre des initiatives. Voler les blinds — relancer depuis une bonne position pour remporter les mises obligatoires sans avoir besoin d'une main forte — devient une nécessité. Si tu attends passivement des grandes mains, les blinds vont rogner ton tapis et tu te retrouveras en zone de survie sans avoir jamais eu l'occasion d'agir. Les joueurs qui contrôlent cette phase construisent des tapis confortables. Les passifs subissent.

C'est aussi la phase où les profils adverses se révèlent le mieux. Après 30 ou 40 mains, tu commences à voir qui défend ses blinds, qui fold trop souvent, qui joue trop large. Ces informations valent de l'or pour la suite.

3. La bulle – quand tout se resserre

La bulle, c'est le moment où il ne reste qu'un petit nombre de joueurs à éliminer avant d'entrer dans les gains (ITM — In The Money). La tension est maximale : tout le monde le sait, tout le monde le sent.

Certains joueurs se figent complètement par peur de sortir les mains vides. D'autres — ceux qui comprennent la dynamique — profitent de cette peur collective pour accumuler des jetons agressivement. C'est ici qu'entre en jeu l'ICM (Independent Chip Model) : un modèle qui mesure la valeur monétaire réelle de tes jetons selon ta place dans la structure de gains. En termes simples, perdre un pot à la bulle coûte proportionnellement bien plus cher que de le gagner, car chaque élimination augmente la valeur des jetons des survivants.

Selon ta situation à la bulle :

  • Gros stack : profite-en pour agresser les stacks moyens qui ne veulent pas risquer leur qualification.
  • Stack moyen : reste patient, choisis tes spots, évite les confrontations inutiles.
  • Short stack : garde ton calme — une bonne main peut suffire à remonter ou à payer le passage ITM.

4. L'ITM et le deep run

Tu es dans l'argent — mais ne relâche pas. C'est le piège classique : beaucoup de joueurs respirent enfin une fois payés et se font éliminer dans les deux mains suivantes avec un jeu relâché. Entrer dans l'argent est une étape, pas une fin.

Ici, l'objectif change : ce n'est plus de survivre, c'est d'accumuler pour arriver à la table finale avec des chances réelles. Plus tu avances dans la structure de gains, plus les écarts entre les places deviennent significatifs. Le 10ème peut valoir 3 fois le minimum ITM, le 3ème peut valoir 10 fois. Chaque élimination que tu provoques t'enrichit relativement.


5. La table finale et le heads-up

En table finale, chaque décision peut valoir des milliers d'euros d'écart. L'ICM est omniprésent — certaines mains que tu jouerais normalement deviennent des folds corrects parce que le risque d'élimination est trop coûteux par rapport au gain potentiel.

Le bon joueur de table finale sait alterner entre prudence et audace selon sa position dans les stacks. Il ne joue pas toujours pour gagner — parfois, il attend que les autres s'éliminent pour monter dans la structure de gains.

En heads-up (face-à-face final), le jeu change radicalement. Tu joues presque chaque main. L'agressivité devient la norme. Gagner un heads-up n'est pas une question de cartes reçues — c'est une question de lecture adverse, d'adaptation permanente, et de rythme imposé.

Cette leçon t'a été utile ?

Tu as lu la leçon ? Teste tes connaissances.

Répondre au quiz

Retourne dans l'application pour continuer et utilise une vie